Pourquoi j’ai décidé de devenir une entrepreneuse ?

Bonjour, aujourd’hui, tu vas découvrir comment et surtout pourquoi j’ai décidé de travailler à mon compte.

Ah oui, avant de commencer, je préfère te prévenir, j’écris ici au gré de mes envies pour partager avec le plus grand nombre mon histoire ainsi que mon retour d’expérience sur mon parcours d’autrice.

J’utilise les mots “je”, “tu” ou “nous” à ma guise, car je suis une femme simple et ici j’ai envie d’adopter une posture décontractée.

Donc, parfois, j’utiliserai le mot “tu”, alors que pour d’autres ce sera “nous” ☺️. J’essaie vraiment de créer une safe place pour parler et évoquer certains sujets qui me tiennent à cœur, sans chichi ni formalité.

Reprenons, tu veux bien 😉?

Alors, je disais… Ah oui ! Lancer une entreprise en France est loin d’être une chose aisée.

Et pourtant, c’est ce que j’ai choisi de faire !

Si tu as pu consulter mon précédent article de blog intitulé : “la reconversion professionnelle en France entre épanouissement personnel, racisme et discrimination” qui relate les difficultés que j’ai pu rencontrer durant mon parcours, tu as pu voir que je me suis retrouvée dans une impasse. J’avais déjà remarqué que ma reconversion professionnelle ne donnerait pas les résultats escomptés, et ce, dès la seconde année.

En effet, j’ai rencontré des difficultés pour trouver tous mes stages dans ma ville de résidence et aussi en France.

Je me suis apperçue que ce sont des difficultés rencontrées par beaucoup de personnes de couleur et ayant un nom à consonance étrangère en France.

J’ai, par ailleurs, pu consulter plusieurs entretiens du magistrat Youssef Badr sur les réseaux sociaux. Celui-ci a évoqué à plusieurs reprises ses propres difficultés dans son parcours étudiant avant de valider son master en droit. Il a, par la suite, fondé une association pour venir en aide à d’autres étudiants. Celle-ci s’appelle : la courte échelle. J’aurais aimé pouvoir faire appel à lui, lors de mes recherches de stage, et bénéficier de ses services, car son association aide beaucoup d’étudiants qui ont eux aussi pu rencontré des difficultés durant leur recherche de stage, mais mon secteur relevait du tourisme et non du droit, malheureusement. Voici une courte interview de Monsieur Badr du média Melty, intitulée : “La loi sur la discrimination n’est pas applicable ?” Actuellement, Monsieur Youssef Badr est magistrat, premier vice-président adjoint à la quartozième chambre correctionnelle de Bobigny.

© Crédit de la vidéo, Melty.

J’ai hésité à le contacter, j’ai même consulté son site internet. Si seulement, j’avais pu trouver une association qui s’occupait de la difficulté des étudiants à trouver des stages dans le tourisme, ah la la la.

Bref, j’ai senti que ma formation professionnelle ne prenait pas du tout la direction escomptée et qu’elle touchait à sa fin.

J’ai donc commencé à entamer d’autres recherches pour essayer de m’en sortir en prenant d’autres chemins.

Au début, j’ai continué à postuler à droite et à gauche, toujours dans ma ville de résidence, mais j’ai vite constaté que cela ne menait à rien.

À peine mon curriculum vitae envoyé, les entreprises le consultaient et je n’avais aucun retour pour la plupart d’entre elles. Ou alors, je recevais un message laconique me disant qu’elles n’allaient pas me recruter, mais qu’elles allaient conserver mon CV dans leur base de données pour un usage ultérieur, etc.

Je n’ai jamais cessé de postuler : jobs qualifiés, moins qualifiés, j’ai même postulé pour être caissière dans les supermarchés … J’ai pratiquement tout fait.

J’étais profondément dépitée, car, à moins d’être rentière ou de disposer d’un quelconque héritage, on a tous et toutes besoin de travailler pour vivre.

À la longue, j’ai découvert que certaines entreprises ghostaient les postulant.

J’en ai eu la confirmation en visionnant la vidéo que voici, de Welcometothejungle intitulée : “7 mois, 400 candidatures, 0 job : Élodie raconte sa difficulté à trouver un premier emploi.”

Ci-dessus, une vidéo où une postulante dévoile ses difficultés pour trouver un travail en France. © Crédit de la vidéo: Welcometothejungle .

Le cas présenté ici est un peu différent, car la postulante est blanche, mais imagine-toi la même chose pour une personne noire, arabe, métissée ou avec un prénom et un nom qui n’est pas français. La réalité est souvent bien pire. Malgré tout cela, il est bien triste de constater que certaines entreprises en France ghostent sciemment des candidats et des candidates à l’embauche.

Un autre phénomène existe également ici : ce sont les offres dissuasives.

J’ai ainsi pu consulter des offres de stage et d’emploi qui demandaient d’avoir obligatoirement le permis alors que le travail en lui-même ne nécessitait aucun déplacement durant la prise de fonction. Pour se rendre au travail, on aurait très bien pu s’y rendre en transport en commun. Alors, pourquoi le descriptif incluait-il nécessairement la possession du permis et d’un véhicule pour pouvoir candidater ?

D’autres offres, quant à elles, intégraient dans leurs descriptifs des conditions supplémentaires préalables à l’embauche alors que le travail en lui-même ne demandait pas tout cela.

Toutes ces actions permettent aussi de faire un tri, implicite, mais un tri quand même, entre les différents postulant·e·s.

Je me suis donc dit que, peut-être, le Bon Dieu avait d’autres plans pour moi.

Avant de terminer ma formation, j’ai commencé à effectuer des recherches sur l’entrepreneuriat, en secret et sans le dire à personne. Je me suis dit que là au moins, on n’allait pas mettre mon curriculum vitae de côté ni à la poubelle et que j’allais pouvoir reprendre le contrôle sur ma destinée. En plus, j’ai des compétences à faire valoir, je mérite moi aussi de travailler.

Là encore, j’ai dû tâtonner pour essayer de voir quelle serait la meilleure direction pour moi : personnalisation d’objet, conciergerie, vente de bien dans l’artisanat, publication de planner, travel planner … J’ai regardé de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux qui montraient comment de jeunes femmes ont fait pour ouvrir leur propre entreprise en France et ailleurs. J’ai aussi lu des livres qui m’ont redonné de l’espoir. Tout cela m’a beaucoup inspirée.

J’ai tout de même continué ma formation comme si de rien n’était. Je me suis préparée aux examens et aux devoirs comme une étudiante normale sans parler de mes projets à qui que ce soit.

J’ai travaillé d’arrache-pied et j’ai continué à fournir le travail demandé. J’ai rendu certains devoirs et d’autres non, car je savais pertinemment que cela ne servirait plus à rien…

Par contre, j’ai beaucoup planché sur certaines matières et cela a été bénéfique pour moi aujourd’hui.

En effet, il y avait un aspect professionnalisant dans ma formation. C’est comme cela que j’ai appris qu’il y avait des mentions légales à inclure dans un devis, dans les factures types et aussi l’existence du guichet unique. J’ai aussi appris à différencier : les microentreprises, les entreprises individuelles, les sociétés par actions simplifiées, les SASU …

J’ai continué à me former en parallèle de ma formation, si je puis dire.

J’ai appris à concevoir une charte graphique, grâce à des designers et en visionnant des vidéos sur Tiktok.

Je me suis même donnée à fond pour créer un magnifique site internet pour une agence de voyages fictive… sans jamais le montrer à mon professeur, car il avait été très méchant avec moi durant ma formation. J’estime que, nous sommes tous et toutes là pour apprendre quelque chose, en tant qu’élève, et, malheureusement, vous avez des personnes qui, lorsqu’elles ont un peu de pouvoir, en profite pour adopter une posture et un ton secs vis-à-vis de leurs élèves pour les humilier et asseoir leur domination. Notamment, lors de la remise des copies corrigées. Je n’avais jamais vu un professeur faire preuve d’autant d’ardeur et d’acharnement sur une élève lors de la correction d’un examen. Après, j’ai eu d’autres professeurs qui ont été plus chaleureux.

Cela m’a servi d’entraînement.

“Dans la vie, quand on recommence à zéro, on ne part jamais de zéro, mais on part avec de l’expérience !”

C’est une phrase motivante que j’avais aperçue sur Pinterest d’une personne qui m’est totalement inconnue. Cela m’a vraiment inspirée et m’a aidée à garder le cap durant les périodes difficiles. Ça et la prière.

C’est comme cela que j’ai décidé de créer ma propre boîte. Après, il y a des avantages et des inconvénients à créer son entreprise et à travailler à son compte. Il faut être bien préparé·e et surtout résilient·e.

Les avantages de créer son entreprise en France :

  1. M’assurer que mon curriculum vitae ne finira pas à la poubelle.

  2. Contrôler mon emploi du temps.

  3. Savoir que mon sort ne dépend pas d’un quelconque employeur.

  4. Ne plus avoir à affronter un manager toxique (car, cela peut arriver dans le salariat).

  5. Avoir une activité valorisante.

Les inconvénients de créer son entreprise en France :

  1. C’est une charge de travail qui n’est pas négligeable.

  2. Il faut savoir gérer aussi les aspects administratifs.

  3. Le succès n’est ni immédiat ni garanti.

  4. Il y a un temps d’incubation nécessaire entre la date de la création de l’entreprise et le moment où celle-ci est rentable.

  5. L’aspect financier, qui n’est pas négligeable.

Maintenant, j’avance petit à petit, en espérant que cette voix sera plus bénéfique et prolifique pour moi incha’allah.

Dans la vie, il faut savoir se réinventer et surtout être patient·e.

Comme disait toujours ma mère : “L’Homme propose, mais Dieu dispose”, j’espère que la voie de l’entrepreneuriat est faite pour moi.

À bientôt pour un autre article de blog sur le site de Sakura Digitale.

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