Redéfinir la réussite, de petits pas pour de grands changements !
C’est un titre que j’ai trouvé sur Squarespace et qui m’a inspiré pour le billet de blog d’aujourd’hui. Mon parcours pour devenir une autrice publiée n’a pas été linéaire. C’est ce que je vous propose de découvrir dès à présent.
« Pour faire bouger les choses, inutile d’attendre le moment parfait ; il faut commencer avec ce que l’on a, là où l’on est. »
Le parcours pour devenir autrice en France est un parcours enrichissant. Image libre de droits, © crédit photo Pixabay.
Je me suis retrouvée à un carrefour dans ma vie, après avoir effectué une reconversion professionnelle qui n’a pas porté ses fruits ni donné les effets escomptés. Dans un premier temps, j’ai dû panser mes plaies et je suis restée à la maison. Je me suis retrouvée d’un coup avec du temps libre, énormément de temps libre, si je puis dire! J’en ai profité pour lire des livres et regarder beaucoup de films. Il y a deux films qui m’ont vraiment inspiré ainsi qu’un livre. Les films en question sont : “Youssef Salem a du succès” réalisé par B.Kasmi, sorti en 2023, et “Un homme idéal”, de Y.Goslan qui est plus ancien et qui est sorti en 2014. Ces deux films retracent les parcours et la vie d’un auteur, à des étapes différentes de leur vie, avec un cheminement et des trajectoires qui ne sont pas du tout similaire. Et, cela a éveillé ma curiosité. Pour ce qui est du livre qui a marqué mon esprit, il s’agit de Manel, Tome 1 de F.Kerali, qui est sorti en 2025. Celui-ci m’a vraiment marqué. Il raconte le parcours d’une jeune lyonnaise qui a essayé de rebondir après les épreuves quand toutes les portes ont été fermées autour d’elle.
J’ai essayé de ne pas me laisser abattre pour pouvoir entrevoir la suite. Durant mon repos forcé, je ne suis pas partie en vacances, loin de là. Et, entre temps, quand j’ai eu assez de temps pour reprendre du poil de la bête et d’énergie en moi pour pouvoir continuer, grâce à Dieu, j’ai décidé qu’il était temps de redresser la barre. J’ai participé à de nombreux webinaires en ligne, j’ai téléchargé de nombreux templates offerts, pas forcément pour les utiliser, mais juste “histoire de…” Mon objectif pour moi était de pouvoir comprendre comment ils avaient été faits et rédigés et ainsi pouvoir être inspiré. L’idée de l’entrepreneuriat avait déjà germé dans ma tête, depuis un bon bout de temps déjà, sans pour autant qu’il y ait de réelle direction à proprement parler. Mon séjour à la maison m’a forcée à réfléchir, à me concentrer et à essayer de trouver une nouvelle direction à ma vie.
J’ai pris aussi une décision cruciale pour moi : celle d’arrêter toutes activités extérieures et les manifestations dans ma ville. Elles me prenaient une bonne partie de mon temps sans que je n’arrive à faire de nouvelles rencontres, ni de nouvelles connaissances. J’avais besoin de me recentrer sur moi-même et de ne pas éparpiller mon attention sur différentes causes : afin de savoir ce que j’allais faire par la suite. De plus, durant les manifs et les activités culturelles, il n’y avait que très peu d’échanges. Je ne m’attendais pas spécialement à ce qu’on me donne un 06 … par contre, un peu plus de considération aurait été bienvenue. J’aurais aimé que quelqu’un puisse s’arrêter pour me demander : “Macha, comment vas-tu ?” “Ça été ta journée ?” “Comment tu t’en sors ici dans cette ville où tu ne connais visiblement personne ?” “As-tu besoin d’aide ?” “En quoi puis-je t’aider ?” Au lieu de cela, je me suis vite rendu compte que les échanges étaient parfaitement stériles et qu’il n’en ressortait que peu d’entraide et de solidarité. C’était juste moi, comme un joli poteau de fleurs, à acquiescer de la tête gentiment et à écouter mes interlocuteurs s’exprimaient sur le thème qui leur plaisait.
J’ouvre rapidement une parenthèse ici afin de pouvoir évoquer un peu mon militantisme dans ma ville actuelle. Je pense que cela vaut le détour. Cela sera bref.
Je me souviens de mon parcours pour une association, que je ne vais pas nommer ici, car cela n’est pas le but de ma démarche, à vrai dire. Celle-ci œuvre pour l’environnement. J’avais trouvé que leur lieu de rencontre était éloigné du centre-ville. Comme je suis une femme indépendante et fière, je trouvais toujours mal aisé de toujours avoir à demander à une personne véhiculée de m’aider pour pouvoir me rendre sur place. Cependant, le lieu n’était pas accessible en transport en commun, j’ai donc accepté de faire une partie du trajet en covoiturage. J’ai accepté de jouer le jeu et de faire des efforts. Je prenais le bus près de chez moi et j’effectuais une bonne partie du trajet en transport en commun jusqu’à un arrêt de bus indiqué par l’association. Puis, je descendais et j’attendais docilement que l’on vienne me chercher en voiture pour m’amener sur le point de rencontre. L’arrêt de bus en question était à 3 mn en voiture du lieu choisi par l’organisation. Mais on n’est jamais venu me chercher à l’heure. Pas même une fois!
Ci-contre, une femme qui participe à une manifestation en France. Image libre de droits, crédit photo Unsplash.
J’ai calculé, bien que les personnes étaient déjà présentes sur les lieux, on me faisait toujours attendre près de 20 à 30 mn à l’arrêt de bus, tout le temps. Sérieusement, j’ai compté. J’ai même attendu, une fois, un jour sous la pluie, jusqu’à ce que je tombe malade. Pour moi, cela s’apparentait à une forme de bizutage. Et, quand je voulais rentrer, on me faisait comprendre que c’était comme une tâche difficile ou alors une corvée. J’avais vraiment l’impression de ne pas être du tout à ma place et de forcer ma présence sur les lieux.
“Allô! Il y a quelqu’un, pour venir me chercher ?” Quelque part dans le monde, une jeune femme attend plus de 20 minutes qu’on vienne la chercher à l’arrêt de bus.
Image libre de droits, ©Crédit photo, Pexels
On m’a même dit un jour : “Tu vois là, tu peux rentrer à pied, traverse le champ, marche tout droit pendant au moins 30 minutes et puis tu arriveras au centre-ville. C’est facile.” “Tu aurais dû amener un vélo. À vélo, c’est facile.” Il y avait plusieurs kilomètres à pied à faire, je tiens à le préciser.
En plus, la personne qui faisait le covoiturage avec moi en profitait toujours pour faire du commérage et pour me partager des discussions que je trouvais totalement, je ne dirais pas hors sujet, mais parfois, je me disais dans ma tête: “mais pourquoi elle me raconte tout cela ? Est-ce qu’elle souhaite me décourager de quelque chose ou alors est-ce qu’elle essaie de me faire passer un message ?”
Ci-contre, une personne qui pratique le covoiturage. Image libre de droits, crédit photo Unsplah.
Sans compter que je me suis retrouvée à être la seule personne de couleur sur place. Parfois, lorsque nous nous retrouvons seuls dans ces situations, cela peut vite sembler intimidant, voire déroutant, avec des regards indiquant « Mais qu’est-ce qu’elle fait là ? » Parfois, et cela peut arriver, il peut y avoir des discussions où tout le monde parle avec tout le monde sans toutefois nous inclure dans la conversation…alors que nous sommes bel et bien présents sur place.
Heureusement, le dernier jour de ma participation avec cette association, j’avais trouvé un vrai gentleman qui s’était proposé de me raccompagner jusqu’à l’arrêt de bus pour pouvoir prendre les transports en commun et rentrer chez moi. Le lendemain, j’ai inventé une excuse, et je n’ai plus jamais remis les pieds là-bas.
J’avais demandé, un jour, avant de mettre définitivement un terme à mon implication dans cette association, d’avoir un point de rencontre, plus près, dans le centre-ville, comme cela je pourrais m’y rendre plus facilement, sans déranger personne. On m’avait dit que, parfois, l’association organisait des rencontres dans le centre-ville, mais qu’elle n’avait pas de local à proprement parler et que les personnes, au moment de l’échange, préféraient leur point de rencontre actuel. En somme: on allait y réfléchir, mais cela n’était pas du tout d’actualité. Je m’y suis même rendue, l’endroit se trouve près de chez moi, à côté du tramway et il est super accessible. Quand je suis passée sur place, j’ai rencontré une personne d’une association nommée : “Terre Humaine” et on m’a dit qu’on me recontacterait si l’association venait à utiliser leurs locaux. J’ai patienté plusieurs jours et puis rien. J’ai encore patienté et toujours rien. Je n’ai pas été recontacté pendant des mois. Alors, quand j’ai reçu un mail au bout de plusieurs mois, sans avoir de nouvelles, de manière inopinée, pour me dire de venir à leur rencontre… Je me suis dit que j’allais rester chez moi. On m’a relancé à plusieurs reprises et j’ai dit non à chaque fois. Ensuite, j’ai enfin admis que je ne souhaitais plus être sollicitée par cette association. Quand on m’a posé la question du “Pourquoi”, j’ai répondu du tac au tac : “L’accueil” et j’ai continué mon chemin de vie à part.
Ci-contre, un centre-ville en France. Image libre de droits, ©Crédit Pixels.
Sans compter les autres évènements auxquels j’ai pu assister, dans cette ville, où l’on ne me faisait guère la conversation. On ne m’adressait même pas la parole. Les personnes qui se connaissaient déjà parlaient entre elles sans jamais chercher à aller au-delà et les autres écoutaient dans leur coin en attendant la fin des festivités. Cela ne menait nulle part.
J’ai donc décidé de changer de direction.
Je ferme la parenthèse.
Au fur et à mesure de mon repos forcé, je me suis aperçue que j’avais toujours cette soif d’apprentissage et de l’énergie à revendre.
Cette liberté retrouvée après ma reconversion professionnelle m’a permis de reprendre confiance en moi.
Avec le recul, je me dit que c’était peut-être une voie sans issue, Dieu sait ? Peut-être que la reconversion professionnelle que j’avais entamé n’était pas faite pour moi. Il fallait que je fasse marche arrière, demi-tour, et que je change de voie une nouvelle fois.
Mes finances étaient au plus bas. Ma précédente formation avait englouti une bonne partie de mes économies malheureusement: c’était une école privée en ligne. Je me suis retrouvée avec peu de ressources pour la suite, mais, j’ai essayé de ne pas me décourager.
J’ai regardé une vidéo sur TikTok d’une jeune femme noire entrepreneuse qui a réussit. Elle parlait de son parcours et des moyens qu’elle a employés pour pouvoir s’en sortir, au début, lorsqu’elle était à un tournant de sa vie, à peu près dans la même situation que moi. La solution ? Elle a consommé et consulté toutes les ressources gratuites qu’elle a pu trouver à sa disposition avant de se lancer. C’est comme ça qu’elle s’est formée. C’est ce que j’ai essayé de faire en un temps record !
Et internet est une vraie mine d’or! Il suffit juste de s’armer de beaucoup patience et d’être curieux.
C’est aussi une façon de pouvoir se former gratuitement et en continu grâce à l’e-learning: l’apprentissage en ligne.
« Les grands objectifs peuvent sembler insurmontables lorsqu’on les envisage simultanément, mais la dynamique se construit grâce à des actions modestes et cohérentes. »
J’ai continué à me former en catimini, sans le dire à personne. Car, j’estime que, dans un premier temps, il faut toujours garder un projet pour soi. Il est essentiel de protéger un projet personnel afin de le voir mûrir, avant de pouvoir le montrer au monde. Surtout, afin qu’il puisse aboutir et éviter le mauvais œil.
Parmi les livres que j’ai pu lire et les contenus que j’ai pu visionner, il y a beaucoup de personnes qui m’ont inspiré, et, dans ma tête, plusieurs idées ont commencé à germer. Jusqu’à me dire : « Pourquoi eux et pourquoi pas moi ? » “Peut-être que je devrais tenter l’aventure moi aussi ?” J’ai testé de nombreuses voies avant de me lancer. Ensuite, j’ai commencé à écrire sur différents sujets. Des sujets qui n’avaient rien avoir avec le ramadan. Je l’ai fait d’abord pour m’amuser et surtout sans pression et à mon rythme, juste pour voir de quoi j’étais réellement capable sans avoir réellement d’objectifs professionnels en tête. Cela m’a permis de laisser libre cours à mon imagination et d’avoir recours à mon esprit créatif.
L’écriture est un thème qui est ressorti nettement de mon ikigaï. Pour en savoir plus sur ce qu’est l’ikigaï, je vous invite à consulter mon précédent article de blog intitulé : “Comment retrouver sa voix grâce à l’Ikigaï ?”
L’inspiration peut venir d’une manière inopinée! Le temps libre est souvent propice à la meilleure des choses.
- Macha Meril.
Ci-contre, une jolie fleur accompagnée d’une pile de livres. Image libre de droits, © Crédit photo, Pexels.
En effet, j’écrivais beaucoup d’histoires quand j’étais petite. Par ailleurs, le personnage de Lily, aujourd’hui présent dans mon livre : “Découvre le Ramadan en t’amusant! Tome 1”, a réellement existait dans les histoires que j’inventais et que j’écrivais plus jeune. Elle faisait partie de mon monde imaginaire et des histoires de mon enfance. Avant que je ne mette mes écrits de côté. Cela a été une manière, pour moi, de pouvoir lui rendre hommage et de redonner vie à un projet qui était enfoui en moi depuis des années. Cela m’a permis de renouer avec mon enfant intérieur, pour être tout à fait honnête.
Ensuite, peu avant la période du ramadan, j’ai commencé à envisager sérieusement de m’aventurer dans cette voie en rédigeant mon premier livre pour enfants.
Cela a été un vrai parcours introspectif, car être publiée en France n’est pas une affaire facile, il faut s’armer de patience et surtout être résiliente. Cela reste un domaine qui est le plus souvent réservé à une élite. Je me suis accrochée et, avec l’aide du Bon Dieu, j’ai essayé de faire de mon mieux pour produire un ouvrage de qualité et fidèle à mes attentes.
J’ai ouvert mon ordinateur et je me suis rendue sur Canva qui est une plateforme de design australienne. Elle permet de créer des ouvrages d’une qualité professionnelle. Cela a été l’occasion pour moi de laisser libre cour à mon inspiration et à mon imagination. Ensuite, j’ai commencé à écrire mon manuscrit pour mon livre jeunesse, petit à petit.
J’avais plusieurs idées en tête mais celle-ci ne m’a jamais vraiment quitté l’esprit. En parallèle, j’ai commencé à effectuer des démarches pour que tout soit fait dans les règles.
C’est là que j’ai pu approfondir le sujet et découvrir le monde du livre et de l’édition côté auteur. Il y avait beaucoup de choses à savoir et à apprendre avant de pouvoir être publiée. Nomenclature du livre, manuscrit, ISBN … Il y a tellement de choses ! Je suis passée de l’autre côté du miroir en quelque sorte.
J’ai découvert que le domaine de l’auto-édition existait et je me suis lancée. J’ai d’abord hésité entre plusieurs plateforme d’auto-édition et effectuait plusieurs essais avant de me diriger vers celle que j’utilise aujourd’hui. BOD pour Books on Demand est une maison d’édition qui permet aux auteurs auto-édités comme moi de disposer de l’impression à la demande et de publier leur livre. C’est grâce à cela que mon projet a pu prendre vie alhamdulillah.
L’idée de l’auto-édition m’a énormément séduite car les maisons d’édition traditionnelle ont leurs propres méthodes de sélection et beaucoup d’auteurs leur soumettent leur manuscrit. Il y a beaucoup d’attentes. Je ne savais pas si mon manuscrit auraient pu leur plaire, ni le temps qui aurait pu être mis pour obtenir une réponse afin que mon livre puisse être disponible auprès du public.
Ci-contre une pile de livres, Image libre de droits, © Crédit photo, Pixels.
« C’est ce que j’aime avec l’auto-édition, cela me permet de garder le contrôle sur mon manuscrit »
Ensuite, en termes de délais, ces derniers sont relativement courts. Ce qui m’a permis de laisser libre cours à mon imagination, de prendre mon temps et surtout de réaliser mon rêve d’enfant. Dans mon livre : Découvre le Ramadan en t’amusant ! Tome 1 , il y a plusieurs personnages avec des noms inclusifs. Cela me permet d’apporter plus de diversité dans les livres jeunesse (enfin, je l’espère !) et d’aborder un thème qui me plait. Si vous souhaitez découvrir mon livre, celui-ci est disponible en précommande, dès à présent. Vous pourrez agrandir votre collection de livres, si vous le souhaitez, l’offrir à quelqu’un ou alors le garder pour le prochain ramadan incha’allah.
Le temps qui s’est dégagé de mon emploi du temps m’a permis de redéfinir l’idée même de la réussite et de me consacrer à de nombreux projets.
La société française a tendance à nous enfermer dans des cases et des parcours linéaires du style : études, travail, mariage, maison sur le modèle du « métro, boulot, dodo ». Avec une série d’étapes à valider, mais toujours dans cet ordre. Et parfois, quand on a un accident de parcours, ou un changement brutal dans la vie, il n’est pas possible de revenir en arrière ou de se réorienter dans une autre voie sans se heurter à un mur ou à la rudesse institutionnelle. Sans compter que la discrimination est un frein à l’épanouissement personnel et au cheminement professionnel.
Il faut aussi savoir sortir des sentiers battus, sortir du cadre et oser demander plus.
J’ai toujours eu envie de plus. Je ne vais pas m’attrister sur mon sort ni sur moi-même.
La voie de l’entrepreneuriat m’a permis de me redonner un cadre, car, même si l’on écrit un livre et que l’on ne pense pas à entreprendre, à proprement parler, il y a des aspects juridiques et légaux à respecter en France afin d’être publiée. L’activité d’autrice reste une activité très encadrée. J’ai essayé de faire de mon mieux avec les informations que j’avais au moment où j’ai commencé. J’ai effectué des recherches afin de voir quel statut pourrait me correspondre. Lorsque je me suis sentie prête, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis dirigée vers le guichet unique. J’espère que cette voie sera plus paisible. Sincèrement, je m’en remets à Dieu et j’essaie de faire de mon mieux.
Ma voix mérite d’être lue et entendue. C’est pour cela que j’ai décidé de prendre ma plume d’autrice.
Ma voix compte et j’entends bien la faire résonner aux quatre coins de la planète, si cela est possible, et continuer dans cette voie, si le Bon Dieu me le permet.
À bientôt pour un nouveau billet de blog sur le site de Sakura Digitale.